Johann Strauss

Le 3 mars 1890, Strauss envoie un démenti public à la rédaction de la Wiener Freien Press « Je ne m’avise et ne m’aviserai jamais de changer le tempo de la valse… » un message clair que les interprètes de Strauss ont de moins en moins pris en compte. Immerseel montre que Strauss ne composait pas seulement dans l’esprit de la tradition viennoise de Mozart et Schubert, mais aussi qu’il était capable de faire comprendre subtilement les novateurs de son temps au peuple ivre de valse. Jörg Königsdorf – Südeutsche Zeitung 2002
La méthode d’Anima Eterna appliquée aux oeuvres de Johann Strauss : 1. partir des éditions critiques (achevées ici par le docteur viennois Michael Rot en 1997) 2. jouer sur les instruments historiques (ici des bois et cuivres viennois XIX et des violons montés avec des cordes en boyaux) 3. sentir et vivre la musique telle quelle avait été composée en déjouant les habitudes stylistiques d’interprétation qui se sont éloignées des textes originaux. En effet, Johann Strauss composa plus de 600 pièces dont le succès fut tel que leur diffusion se fit entre autres par des réductions piano, réorchestrées au fil du temps ce qui contribua à la perte des phrasés et dynamiques originels… Or, fort de son expérience d’autres « viennois » – Mozart, Schubert-, Anima Eterna a pu appliquer son approche critique des éditions, sa connaissance organologique, ses méthodes d’interprétation, au sujet en apparence léger de Johann Strauss et nous faire comprendre la beauté et la profondeur de cette musique viennoise XIXe qui éblouit le monde, fit tourner les têtes et provoqua l’admiration de Johannes Brahms. « L’histoire désagrégeait le vieil empire et c’est peut-être pour cette raison que la culture autrichienne exhortait à ne pas rendre hommage à la brutale victoire de la dialectique historique et à ne pas prendre trop au sérieux, à se souvenir avant toute chose que le monde va comme il peut, au hasard, et qu’il pourrait très bien aller autrement… La culture viennoise invitait à chercher la vérité à la superficie des choses… » Claudio Magris in Vienne l’apocalypse joyeuse introduction au catalogue de l’exposition Beaubourg 1986.